05/09/2008

Mail-art 2 : L'équipage


Deuxième "carte" envoyée à la galerie L'Art de Rien. Je ne sais pas si elle est arrivée... Argh.
Après avoir pris la mer, on découvre l'équipage : la capitaine, le lieutenant de vaisseau, le médecin et les deux aspirants. Et vogue la galère !

Le livre qui a fait les frais de cette illustration s'appelle "Le médecin", de Maurice de Fleury, publié chez Hachette en 1927. J'y ai appris des tas de choses très intéressantes sur le fabuleux métier de médecin, et notamment sur les femmes - en tant que patientes, et en tant que médecins.

"Chapitre VIII : Des Femmes.

Dans la vie médicale, comme partout, elles tiennent beaucoup de place, pour notre bien, le plus souvent. Elles sont, pour le médecin, compagnes, collaboratrices, amies égériaques, confrères et parfois aussi tentatrices.
Tout practicien doit avoir, dans son cabinet de consultation, une chaise longue. Ce meuble nécessaire prête aux sourires entendus. On nous envie ces privautés que les examens nécessitent. [...] Le politique, l'avocat, le diplomate, le romancier psychologue, l'auteur dramatique, l'homme d'affaires ont tout autant d'occasions que nous. Il nous est plus particulièrement interdit d'en user, a fortiori de les faire naître. Un médecin qui mêlerait l'amour, sentimental ou lien physique, à l'exercice de sa profession, aurait tôt fait de compromettre son avenir. Et comment s'en tirerait-il sans vilenie ?
Un mari vous confie sa femme, et ce n'est pas pour que vous la lui preniez. Si, faute d'une discipline dès le premier jour convenue, vous venez à perdre la tête, vous voilà, pour ne pas éveiller de soupçons, contraint, l'année finie, d'envoyer une note à l'homme que vous avez trompé. C'est versé dans l'ignoble.

[...] Le client moyen ne se confie bien volontiers - lui et ses proches - qu'à un brave docteur tout rond, tout simple, et de petite bourgeoisie, qui s'habille à la confection, chausse de gros souliers solides et ne s'occupe que de soigner... Ou bien encore, au glorieux pontife qui, le dos à la cheminé, la main dans son gilet et le front soucieux, vous interroge avec condescendance et qui dicte ses prescriptions, solennel et secret.

[...] Les Allemands et les Américains - par décence, nous disent-ils - auscultent à l'aide de stéthoscopes à longs tuyaux de caoutchouc, et non pas seulement le coeur, mais le poumon; beaucoup de médecins français en font autant. Tout de même, là où l'auscultation directe apparaît préférable, n'hésitons pas. On peut fort bien, sans froisser la pudeur, appliquer son oreille à la poitrine d'une femme, un mouchoir fin interposé. Dieu sait si j'ai ausculté et vu ausculter ! et je n'ai jamais observé d'attitude équivoque. Métier, devoir et rien de plus."

C'est un peu long...  mais qu'est-ce que c'est drôle ! La suite au prochain épisode ! Hu hu

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire